27.08.2019 |
Reportage

Corminboeuf, entre ville et campagne

Mon idée première était d'avoir un avis sur ce qui fait la particularité de Corminboeuf, autrement qu'à travers des chiffres qui se trouvent sur internet. Pourquoi? Curieuse, j'avais assisté, en observatrice, à une rencontre de l'assemblée constitutive. La réunion commençait par l'accueil de Monsieur le Syndic qui a notamment présenté sa commune. Superficie, population, taux d'impôt... mais rien sur la vie locale de la commune. Une commune se résume-t-elle à des chiffres?

Selon moi, une commune, ce sont d'abord des personnes qui y vivent pour différentes raisons.

Pour en savoir un peu plus, j'ai choisi deux approches. La première: demander le point de vue de trois conseiller·ère·s communaux. La seconde: prendre un téléphone, un micro et réaliser un micro-trottoir qui réponde à la question «qu'est-ce qui fait selon vous la particularité de Corminboeuf?». J'ai vite dû me rendre à l'évidence que je devais abandonner l'idée du film: c'était sans compter sur la peur de la caméra. Tant pis, je change mon fusil d'épaule et propose de récolter de courts témoignages. J'ai un peu plus de succès même si je suis confrontée à ce début d'août qui s'avère calme, très calme. Les témoignages des habitant·e·s sont retranscrits dans la vidéo ci-dessus et ceux des conseiller·ère·s communaux sont ci-dessous.

La particularité de Corminboeuf pour les conseiller·ère·s communaux

André Bruderer: «Tout d'abord, la tranquillité d'être à la campagne, de pouvoir aller en forêt, d'être proche des animaux et de la nature, d'avoir les vaches qui traversent la route, les chevaux, les tracteurs. C'est un bon apprentissage. C'est aussi un bon compromis entre la ville et la campagne. Un autre élément qui donne du bien-vivre, ce sont les infrastructures sportives et les clubs comme le badminton, le tennis ou le foot qui lui, par exemple, réunit 200 enfants, garçons et filles. C'est un moyen, pour eux, de se connaître d'une autre manière qu'à l'école. C'est aussi un moment de partage entre les parents et les enfants. Sans oublier la culture avec un choeur, «Les 4 saisons», et une troupe de théâtre, «Le Corminois». J'ajouterais un plus qui pourrait être développé, c'est l'ouverture que nous pourrions avoir à intégrer des migrant·e·s.»

Dominique Rhême: «La commission culturelle organise chaque année la Saint-Nicolas des familles dans la forêt de Verdilloud, ce qui lui donne un charme très particulier. Tous les deux ans, les fenêtres de l'Avent représentent une vingtaine de rencontres autour d'un thé et de friandises. Elles peuvent rassembler jusqu'à 40 personnes. Quant au rituel de la fin août, c'est le spectacle en plein air, comme par exemple un théâtre d'improvisation ou un concert, sur les gradins de l'école. Sans oublier ce qui est devenu quasiment une tradition, les visites culturelles quatre à cinq samedis matin par année. Elles donnent l'occasion par exemple de visiter des monuments (musées, remparts de Fribourg, monastères) ou encore des chantiers (archéologiques, le pont de la Poya, du Tiguelet). Ces sorties ne sont pas remises en question, un budget de base est prévu. Elles sont fréquentées par 20 à 40 personnes et réunissent des gens de tout âge. Les transports publics se sont aussi bien développés à Corminboeuf ces vingt dernières années et j'espère que ça ne s'arrêtera pas là. Nous sommes proches de la ville avec tous les avantages de la situation: on peut aller facilement en ville (TP, mobilité douce) tout en ayant le cachet d'être dans un quartier en campagne.»

Isabelle Bussey: «Corminboeuf est un coin de verdure vers une ville qui s'étend. Lors de mon emménagement en 1982, Corminboeuf comptait plusieurs fermes, beaucoup d'espaces verts, une petite école... Les gens se connaissaient, se croisaient, prenaient le temps et s'entraidaient par exemple pour le repas de midi des enfants, puisqu'il n'y avait pas d'accueil extrascolaire. Aujourd'hui, Corminboeuf a évolué et c'est normal. C'est devenu un grand village qui a toutefois gardé une âme villageoise. Pour moi, la conserver est important. Les espaces verts doivent rester dans cet esprit de village, mais pas comme des parcs urbains. Bref, on est tellement bien à Corminboeuf: on a tout. Maintenons nos acquis, comme par exemple nos clubs et espaces sportifs.»

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A ce qui a déjà été évoqué, j'ajouterai certains points positifs, comme la cueillette des fraises à Chésopelloz ou encore la richesse architecturale de deux fermes, du manoir et de la chapelle. Mais il y a aussi quelques points moins agréables, tels que le défilé des voitures qui traversent le village aux heures de pointe ou le bus de nuit qu'il faut payer 5 francs même si on a l'abonnement.

La rencontre avec ces quelques personnes et ce qu'elles ont pu me dire en voix-off m'ont amenés à me poser cette question: Corminboeuf, rurale ou urbaine? Peut-être aucun ou les deux. Dans un sens, vivent ensemble ou côte à côte des Corminois·e·s installé·e·s depuis longtemps et qui ont, pour certain·e·s, une once de nostalgie, et des habitant·e·s récemment installé·e·s. Certain·e·s s'intéressent à la politique communale, pour d'autres, c'est seulement un lieu de résidence. Et pour vous, Corminboeuf, rurale ou urbaine?
 


 

Corminboeuf dans ce processus de fusion

Un village ou une ville ne vivent que parce qu'ils sont habités. Il est important pour moi que Corminboeuf ne soit pas la cité-dortoir de Fribourg et qu'elle conserve les activités qui correspondent à ses habitant·e·s. Je ne vois pas cette fusion comme une fusion par absorption dans laquelle la ville de Fribourg mange Corminboeuf, mais plutôt comme une fusion par création, dans laquelle Corminboeuf et Fribourg se marient et forment une nouvelle commune.

J'ai un espoir. Dans le concept de fusion mis en consultation, j'ai pu lire: «La commune fusionnée met en place des commissions locales, qui représentent la population et servent de lien entre celle-ci et les autorités politiques et administratives de la commune fusionnée». J'espère que ces commissions ne serviront pas uniquement de lien mais qu'elles auront une certaine autonomie créatrice et budgétaire pour développer et mettre en place des activités qui donneront une vie propre au quartier Corminboeuf.


 

Divers·e·s représentant·e·s de la société civile se sont porté·e·s volontaires pour créer des chroniques sur les histoires, les personnalités et les particularités qui caractérisent leur commune. Au travers de leurs publications, ces personnes externes à l'Assemblée constitutive explorent l’identité du Grand Fribourg. Elles abordent aussi différents sujets en lien avec la fusion des communes.

Vous êtes intéressé·e à rejoindre l’équipe de blogueuses et blogueurs? N’hésitez pas à nous contacter: info@grandfribourg.ch.

Cécile Hétault

Fribourg-Solidaire, Corminboeuf