Ils veulent quoi, au juste? | Assemblée constitutive du Grand Fribourg
31.01.2019 |
Opinion

Ils veulent quoi, au juste?

Vendredi 18 janvier 2019, des milliers de jeunes ont défilé dans les rues de plusieurs villes de Suisse, dont Fribourg. Ce samedi 2 février, un nouveau rassemblement se profile. Dans notre capitale cantonale, il aura lieu dès 14 heures à la Place Georges-Python. Ce sont des collégiens, des universitaires et d’autres étudiants de tous horizons, mais aussi des curieux ou des personnes engagées pour le climat et l’écologie. Tout cela fait couler beaucoup d’encre, les médias raffolent de ce genre de manifestations. Mais malgré tout, les politiciens ne voient pas l’intérêt de changer leurs programmes, selon eux suffisamment efficaces (cf. Tribune de Genève, Les jeunes se mobilisent pour le climat mais Berne ne bouge pas, 26.01.19). Tout ceci en se jetant la pierre mutuellement. C’est la faute aux autres, mais surtout à personne. Et ces jeunes, ils veulent quoi, au juste?

Ils veulent du changement, c’est assez clair. Mais concrètement qu’est-ce qu’ils attendent? Les revendications sont les suivantes:

  • Un bilan net d’émissions de gaz à effet de serre nul d’ici à 2030 en Suisse, ceci sans technologie de compensation.
  • La déclaration d’état d’urgence climatique.
  • Un changement de système en cas d’impossibilité d’accéder à ces revendications dans le système actuel.

Sauf que cela paraît abstrait. Les critiques vont bon train, sur les réseaux sociaux notamment. Les gens pensent que les jeunes devraient d’abord faire des changements dans leurs écoles, mais sont-ils venus voir ce qui se fait déjà avant de cracher leur venin? Dans le périmètre du Grand Fribourg, une initiative collégienne a été lancée pour interdire de prendre l’avion pour les voyages d’études; le tri des déchets est pratiqué dans plusieurs écoles, il a même été question de faire du compost et des jardins; les bâtiments sont rénovés pour être isolés et donc consommer moins d’énergie; et ce ne sont que des exemples. Alors que plus personne ne dise qu’ils ne font rien, car ce n’est pas vrai, même s’il y a encore un potentiel d’amélioration. Mais contrairement aux politiciens, les recteurs et les professeurs ont réagi, entre autres au collège Sainte-Croix, où un questionnaire circule dans les classes pour réfléchir ensemble à d’autres solutions pour aller plus loin. Et puis, ceux qui viennent à l’école en voiture, ce ne sont pas les étudiants.

Cette génération a entendu depuis son plus jeune âge quels sont les petits gestes du quotidien qui peuvent changer quelque chose. Mais actuellement, veiller à éteindre la lumière en sortant d’une pièce, fermer le robinet correctement, trier ses déchets, aérer efficacement plutôt que longtemps, toutes ces choses, qui sont entrées dans nos habitudes, ne suffisent plus. Il va falloir faire de vrais efforts, changer nos modes de vie, peut-être même de métier, et clairement de mentalité.

Mais ce qui doit changer au plus vite, c’est la dictature de l’argent. Les gens ont peur que ça leur coûte trop cher. Ils ont peur d’abandonner leur confort, de perdre leur belle maison et leurs belles voitures. L’économie paraît plus importante que l’écologie, l’image actuelle et personnelle plus que l’image future du pays. Mais le jour où il n’y aura plus le choix, le jour où les gens perdront tout parce que personne n’aura pris les avertissements en compte, même l’argent n’y changera plus rien. C'est une machine qui se précipite à grande vitesse vers le fossé. Alors si nous voulons la freiner, c’est maintenant qu’il faut agir.

Les jeunes voudraient changer les choses, mais pour lancer une initiative, il faut de l’argent. Pour se faire entendre aussi. Alors ils optent pour l’impact de la masse, ils se font remarquer en sortant dans la rue. Qu’ils ne soient pas les seuls, qu’ils soient soutenus et encouragés. C’est leur futur, notre futur.

 


 

Divers·e·s représentant·e·s de la société civile se sont porté·e·s volontaires pour créer des chroniques sur les histoires, les personnalités et les particularités qui caractérisent leur commune. Au travers de leurs publications, ces personnes externes à l'Assemblée constitutive explorent l’identité du Grand Fribourg. Elles abordent aussi différents sujets en lien avec la fusion des communes.

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Mélissa Burkhardt

Étudiante, Collège Sainte-Croix