04.06.2019 |
Reportage

L’art choral est bien vivant!

Chanter dans un chœur, c’est dépassé? Peut-être que oui pour certains. Mais si l’on s’intéresse de plus près à la question, on trouve une multitude de chœurs ou d’ensembles vocaux et on remarque que les festivals et les concours à travers la planète ont toujours la cote.

Sur le site de la Fédération fribourgeoise des chorales, on peut lire que l’association compte plus de 215 chœurs pour 6900 choristes et à ma connaissance, il faut encore compter tous les ensembles ne faisant pas partie de l’association. Parmi les sociétés inscrites, environ 35 chœurs sont basés dans le Grand Fribourg.

En tant que choriste, il est très facile de comprendre ce qu’apporte de chanter dans un chœur. Pour moi en effet, c’est d’abord un espace-temps où la rencontre des voix donne vie à des partitions d’une manière que les mots même ne savent expliquer. Saveur particulière et émotions garanties, d’autant plus devant un public. C’est également un lieu où les liens entre les personnes et les générations se créent et se perpétuent.

Ma démarche est d’aborder le mot «fusion» sous un autre angle que les groupes de travail de l’assemblée constitutive. Ici, il est question de parler du sens du mot fusion au sein d’un chœur.

A la rencontre de l’ensemble vocal Animato de Marly

Pour illustrer mes propos du lien entre fusion et art choral, je suis allée dans la commune de Marly à la rencontre de l’ensemble vocal Animato (que je ne connaissais pas) lors de son concert annuel le 26 mai dernier.

L’église Sts-Pierre-et-Paul est pleine. Le concert prévu en trois parties commence par les piccolo d’Animato dirigés par Pierre-François Coen. Les enfants chantent de jolis petits univers et sont tous motivés (et très chouchous selon les mots du président d’Animato au micro pour les présenter). La 2ème partie du concert présente le trio piano et voix Ôdéanna, avec une belle qualité de prestation de plusieurs airs classiques pour soprano et mezzo.

Animato, c’est plus de 55 choristes âgés de 30 à 80 ans. Année après année, il progresse dans la découverte de grandes œuvres classiques en alternance avec des pièces variées venues d’ailleurs. En 3ème partie du concert, l’ensemble nous fait voyager avec des pièces interprétées en français, en espagnol, en slovaque, en hébreu, en portugais et en anglais. La Bamba, version chorale de Ramon Noble (copyright 1963 by Ricordi americana SAEC, Buenos Aires) a donné la pêche à toute l’assemblée avant le célèbre Hallelujah de Leonard Cohen harmonisé pour chœur mixte par Pierre Huwiler.

Après le concert, quoi de mieux qu’un apéritif pour féliciter les choristes. Nous avons droit à quelques chants durant la collation. La convivialité et la musique comme premier principe! Il est l’occasion pour moi d’aller à la rencontre de quelques personnes.

«Si on parle de fusion dans un chœur, c’est une valeur importante à plusieurs niveaux» explique un choriste. Il faut de l’entente à l’intérieur d’un registre mais également entre les registres. La complicité est essentielle et il faut savoir écouter les autres pour qu’il y ait une harmonie des voix plutôt qu’une unité des voix, selon lui. Le président, Pascal Dietrich, ajoute qu’il ne faut pas jouer au soliste dans un chœur, savoir assumer et ne pas se cacher mais ne pas faire ressortir sa voix: «ce mélange d’assurance et de respect des autres est délicat. Il est plus facile si le courant passe entre les choristes et avec le directeur. […] Il faut donc vraiment cultiver cette amitié activement.» Le chœur est d’ailleurs parti en Argentine en 2012 pour une tournée de concerts qui a marqué et beaucoup soudé l’équipe. Chanter dans un chœur permet de nouer des amitiés fortes et d’avoir une «action commune vers un but, pour le bien physique que cela fait au corps et à l’esprit». Le président parle aussi d’adrénaline vécue ensemble. Un choriste partage également que ces moments intenses demandent une certaine maîtrise de soi en se découvrant soi-même. Cela permet aussi de faire le vide après le travail. «L’avenir de l’art choral peut être radieux et plein de découvertes mais il faut se renouveler et même innover. Cela demande un certain investissement au sein des chœurs et veiller à ne pas pêcher par orgueil», termine Pascal Dietrich.

Nous pourrons retrouver Animato à la fête de la musique le 21 juin à Fribourg. Et pour l’an prochain, son projet est d’interpréter des compositeurs contemporains fribourgeois surtout en français. On peut donc se réjouir, ce qui anime l’art choral est encore bien vivant!

 

Pour en savoir plus: 

 


 

Divers·e·s représentant·e·s de la société civile se sont porté·e·s volontaires pour créer des chroniques sur les histoires, les personnalités et les particularités qui caractérisent leur commune. Au travers de leurs publications, ces personnes externes à l'Assemblée constitutive explorent l’identité du Grand Fribourg. Elles abordent aussi différents sujets en lien avec la fusion des communes.

Vous êtes intéressé·e à rejoindre l’équipe de blogueuses et blogueurs? N’hésitez pas à nous contacter: info@grandfribourg.ch.

Marie Chardonnens

Enseignante spécialisée, Fribourg