17.07.2019 |
Opinion

Bist du zweiprachig? Naturellement, j’habite Fribourg

La ville de Fribourg se veut et se dit bilingue. Avec la fusion, d’aucuns rêvent d’une grande commune bilingue. La notion de bilinguisme donne lieu à de nombreux débats passionnés depuis des années, un peu partout, en Suisse aussi bien sûr. Dans l’article très intéressant de ce même blog paru le 5 mai 2019, Madame Amélie Dubé parle de la ville d’Ottawa au Canada où, malgré l’adoption de son statut bilingue, dans le quotidien, le bilinguisme (anglais/français) en est resté au stade du concept. Pire, il semblerait que ce statut ait même contribué à isoler la minorité francophone et à créer des tensions entre les deux parties linguistiques. 

Je voudrais aborder ce thème sous l’angle de l’égalité des chances. Le groupe de travail «Histoire et identité» souhaite que l’allemand devienne la deuxième langue officielle. «La fusion est une chance unique», selon Marjorie Jaquet, représentante du groupe. Ce dernier préconise aussi l’introduction d’une filière bilingue à l’école obligatoire. Et si on allait plus loin? Dans un souci de donner à tous les enfants la même opportunité, ne pourrions-nous pas instaurer, au fil des années, une école bilingue pour tous? Et si la commune fusionnée relevait le défi, immense je le sais, mais pas irréalisable? Cette proposition, un brin provocatrice, part de l’idée que ce sont les fils et filles de milieux privilégiés qui, mesurant l’impact d’une telle formation dans un canton et dans un pays tel le nôtre, rejoindront la filière bilingue et bénéficieront par la suite d’un avantage supplémentaire sur le marché du travail. Alors que les enfants de cercles moins concernés par l’école ou les filles et fils de parents immigrés, ne la choisiront pas, peut-être par manque d‘intérêt ou de connaissance de la question. Pour contourner cette difficulté, pourquoi ne proposerait-on pas l’inverse: dans le Grand Fribourg, les élèves sont tous scolarisés en classe bilingue sauf ceux dont les parents ou les représentants légaux en font la demande expresse?

Avant les années 60, les études psychométriques sur le sujet démontraient plutôt les conséquences négatives du bilinguisme. Mais dès 1960, les scientifiques avancent des avantages plus nombreux que les inconvénients. Certes, au niveau de la connaissance du vocabulaire et de la fluidité du langage, des désavantages restent signalés. Mais les gains d’une deuxième langue dépassent les écueils relevés. Selon Segalowitz (1977), un enfant bilingue sera meilleur en calcul mental car il sait s’adapter à deux systèmes de règles. Lambert (1987) relève que ces enfants voient le langage en trois dimensions, ce qui permet une flexibilité cognitive plus grande. En 1962 déjà, Vygotsky signale une meilleure conscience métalinguistique. En 2000, Hamers et Blanc, suite à une série de tests d’intelligence, démontrent que les enfants bilingues sont doués d’une sensibilité accrue aux relations sémantiques et obtiennent de meilleurs résultats dans les tâches de découverte des règles de fonctionnement. 

Bien d’autres recherches prouvent l’intérêt du bilinguisme. C’est la raison pour laquelle je milite pour une commune offrant cette chance pour tous et ce d’autant qu’il est également démontré que les les élèves étrangers devant déjà apprendre une deuxième langue, n’ont pas de difficultés particulières à en intégrer une troisième.

Le débat est loin d’être terminé mais il a le mérite de poser les questions et de confronter les opinions… à suivre.

Le blog suivant sera consacré à la violence faite aux femmes et à l’exclusion que ressentent les personnes atteintes d’addiction. Que propose le Grand Fribourg pour répondre à ces problématiques?

 

Source

 


 

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Brigitte Steinauer

Seit kurzem pensioniert, ehem. Direktorin der Buissonnets, im Sozialwesen stark engagiert