22.01.2019 |
Opinion

Fribourg vue du sol

Depuis septembre, je marche. Je n’ai pas renouvelé mon abonnement de bus pour la zone 10, par souci financier. Non pas que je ne le rentabilisais pas, mais je n’avais pas la somme demandée à disposition. Puis j’ai réfléchi. Avais-je réellement besoin de cet abonnement? Et si je me mettais à marcher plutôt que de me retrouver chaque matin et chaque soir coincée dans un bus, debout entre quatre personnes que je ne connaissais pas, à respirer l’air épais avec peine et transpirer comme un bœuf d’attelage? J’ai d’abord hésité, puis je me suis dit que cela ne coûtait rien d’essayer et si cela ne convenait pas et que je perdais trop de temps, alors je reprendrais mon abonnement. C’est de cette manière que je me suis mise à marcher.

J’ai aussi calculé: il me fallait environ 20 minutes en bus depuis chez moi jusqu’à l’école, 30 minutes jusqu’au conservatoire, dans les deux cas, je devais changer à la gare. De l’école au conservatoire, je mettais aussi une vingtaine de minutes. Tout ceci évidemment lorsqu’il n’y avait pas de bouchons. À pied actuellement, je mets le même temps qu’en transports publics pour me rendre en cours et le chemin pédestre me fait même gagner au moins dix minutes pour aller au conservatoire! J’ai d’ailleurs découvert plein de petits chemins qu’on ne peut emprunter qu’à pied, chemins qui ont du charme, des ruelles parallèles aux sentiers à travers champs. Je garde le bus pour aller de l’école à mes cours de musique, ainsi que pour faire de plus longs trajets, ou alors s’il fait vraiment un temps exécrable. Je me sens plus en forme et j’ai pris l’air lorsque j’arrive en cours, je suis bien réveillée et je suis prête à attaquer la journée. 

J’ai réalisé que dès lors que je marche, je découvre plein de choses, des petits détails que je n’aurais pas remarqués depuis les transports en commun. Des petites choses qui peuvent paraître insignifiantes parfois, mais qui sont capables d’égayer la journée. L’odeur de chocolat et de pain dans les rues le matin, la vue sur la basse-ville, quelqu’un qui joue de la musique; j’ai remarqué aussi que l’Espace 25 du Boulevard de Pérolles avait inauguré une nouvelle exposition; je profite plus des rayons de soleil qui viennent comme une caresse sur mon visage, en particulier en ce mois de janvier, ainsi que plein d’autres petites choses agréables.  

Et puis, j’ose prendre le temps. Prendre mon temps. Je me suis d’ailleurs mise à me questionner. Quelle est la valeur du temps, dans un monde effréné, dans ce monde qui nous demande de tout faire tout de suite, surtout d’être disponible tout le temps, d’être efficaces et efficients, tout cela au risque de s’oublier soi-même? Il paraît que plus de neuf personnes sur dix se réveillent en étant déjà fatiguées. Comment réagissons-nous, lorsque notre corps nous dit stop, que la pression est trop grande, que le stress nous fait perdre nos moyens et le contrôle de nos émotions? La fatigue s’accumule, s’installe, puis surgit l’épuisement, voire le burn-out, très à la mode aujourd’hui, même chez les étudiants, et la dépression. Prenons soin de nous-mêmes, osons mettre des limites à ce qui nous aspire notre énergie. Ralentissons notre rythme de vie et prenons le temps de marcher dans les rues de notre si belle ville.

 


 

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Mélissa Burkhardt

Studentin​, Kollegium Heilig Kreuz